Une seule école pour une nation et Redonner le contrôle des écoles aux parents
Les constats abondent à propos des défaillances de notre système d’éducation à tous les niveaux surtout les niveaux primaire et secondaire. Cadre éducatif inexistant ou vétuste , formateurs de bas niveau avec nombre insuffisant, multitude de types et systèmes d’enseignement pléthore d’élèves et étudiants dans les salles de classe absence d’établissements secondaires adéquats , faible taux d’obtention du diplôme d’étude secondaire, planification centrale bureaucratique trop souvent déconnectée du milieu, déresponsabilisation accrue des directions d’écoles, nivellement par le bas, évaluation ne valorisant pas toujours l’effort, la réussite individuelle et la recherche de l’excellence, démotivation et souvent déresponsabilisation du personnel enseignant, mise au rancart trop facile des méthodes d’enseignement plus traditionnelles ayant fait leurs preuves, on voit que la liste est longue mais loin de finir…
Notre pays regorge pourtant de braves directeurs d’écoles et de valeureux enseignants qui ont à cœur le succès de leurs élèves mais le système ne les valorise pas et a plutôt tendance à récompenser ceux qui se conforment aux règles tatillonnes du ministère plutôt que ceux qui réussissent à faire progresser leurs élèves.
Afin de remodeler ou de revitaliser notre système d’éducation, il y a lieu d’abord de placer les besoins des élèves et l’action constructive des parents au cœur de son fonctionnement. Les parents et leurs enfants doivent commander l’attention première et ultime des gestionnaires des écoles primaires et secondaires.
Des écoles autonomes
Le MSD va créer et responsabiliser des conseils d’établissement, quitte à en faire de véritables conseils d’administration. Nous renforcerons aussi le rôle des directions d’école afin qu’elles puissent exercer pleinement leur leadership en matière de pédagogie et d’administration.
La gestion de l’embauche et de l’évaluation du personnel enseignant professionnel et de soutien sera redonnée aux directions d’écoles. Elles négocieront elles-mêmes la rémunération de ces personnels avec leur syndicat respectif ou directement avec le personnel non syndiqué et pourront, dans le cadre d’une évaluation juste, congédier ceux qui n’ont pas les compétences requises. Les écoles loueront leurs locaux du ministère ou d’autres organismes ou elles pourront les acheter. Elles géreront elles-mêmes leurs immeubles et le transport scolaire nécessaire pour leurs élèves. Nous visons la création d’écoles autonomes, près de la population desservie, responsables dans le cadre d’une gestion décentralisée.
Un mandat plus ciblé pour le ministère
Le ministère de l’Éducation continuera d’établir le cadre général (mission d’ensemble, buts et objectifs globaux et profil de l’apprenant) de l’éducation du pays et de déterminer un cahier de charges par cycle qui contiendra les normes minimums pour l’enseignement au primaire et au secondaire mais les curriculums seront décidés par les directions d’école avec leurs enseignants. Le processus de reddition de comptes des écoles au ministère, trop lourd et bureaucratique, sera allégé.
Une commission d’évaluation indépendante
Une commission d’évaluation (relevant de l’Assemblée nationale plutôt que du ministère) fixera les standards à atteindre au primaire et au secondaire en les relevant progressivement. Elle sera aussi chargée de concevoir et administrer les examens nationaux, d’assurer la correction des examens nationaux, de diffuser largement les résultats obtenus par les écoles à ces examens et de compiler et diffuser les résultats propres à une école (qualité à l’entrée, taux de persévérance et d’obtention du diplôme, résultats des diplômés au cycle suivant).
Un bulletin compréhensible
La commission veillera à ce qu’un bulletin uniforme, clair et chiffré pour les niveaux primaire et secondaire présente les disciplines de manière intelligible et accessible aux parents.
Le financement des écoles, une approche concurrentielle
Tout en respectant l’universalité de l’accès à l’éducation, le MSD imposera à tous les enfants de notre pays de fréquenter l’école et obtenir le Brevet à l’âge de 16ans avant d’opter pour n’importe quelle filière de choix et préconisera un mode de financement des écoles qui mettra un levier de premier ordre entre les mains des parents. Il s’agit d’un système de bons d’étude universels comme on le retrouve notamment en Nouvelle-Zélande, au Danemark et en Suède. Au moyen de ce bon d’étude, tout parent d’un enfant inscrit à l’école primaire ou secondaire pourra choisir l’école publique de son quartier, l’école publique du quartier voisin, ou encore l’école privée de son choix. Tous les parents recevront le même montant d’argent par enfant inscrit sans égard à l’école choisie. Mentionnons cependant que la valeur du bon sera modulée en fonction du cycle d’études, de la géographie, des difficultés d’apprentissage et d’adaptation des élèves, etc.
Une approche similaire sera utilisée pour les institutions d’enseignement supérieur. En effet les étudiants des niveaux postsecondaires ont le choix de leur programme à l’intérieur de ces institutions, lesquelles reçoivent une subvention correspondant au nombre de cours suivis par ces étudiants inscrits dans les programmes à une date donnée. En exerçant ces choix, les étudiants soumettent les institutions universitaires et collégiales à la concurrence.
En effet les bons d’étude universels, offerts à tous les parents, seront de nature à augmenter la qualité des écoles au moyen d’un mécanisme de choix du parent, lequel choix signifie un financement supérieur pour l’école. Il semble évident que les écoles offrant les meilleures formations et celles les mieux adaptées aux besoins des élèves seront choisies plus souvent.
Les enseignants : des professionnels autonomes
Les fonctionnaires du ministère ne prescriront plus les méthodes d’enseignement. Il reviendra aux enseignants, de se concerter avec les directions d’écoles, d’adopter les méthodes leur apparaissant les plus efficaces. Cette liberté diversifiera l’offre de services éducatifs aux parents.
La formation des enseignants sera revue pour permettre aux directions d’écoles secondaires d’embaucher des diplômés titulaires d’un baccalauréat spécialisé qui auront obtenu un certificat d’un an en pédagogie ou ayant une compétence équivalente. La possibilité de ne doubler qu’une année sera de rigueur et une fois par cycle.
La formation technique et professionnelle
Nous conserverons les programmes de formation technique et professionnelle tout en les améliorant et les adaptant aux besoins de moment, la formation aux adultes pourra être initiée.
Les directions de ces écoles deviendront plus autonomes. Elles seront encouragées à développer des programmes innovateurs conduisant au diplôme d’études collégiales.
Des indicateurs de qualité seront conçus et diffusés pour créer de l’émulation entre les écoles et permettre aux étudiants de choisir leur école en meilleure connaissance de cause.
